Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /Sep /2008 09:12

Mis à Jour le : 25 septembre 2008  15:51
Climat : la bombe à retardement du méthane est enclenchée
25 septembre 2008

Les scientifiques ont découvert la preuve que les fonds marins de l’Arctique commencent à libérer dans l’atmosphère des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Les chercheurs ont pu observer le bouillonnement provoqué par le gaz à la surface de la mer.

Par Steve Connor, The Independent, 23 septembre 2008

The Independent a pris connaissance d’une partie des premiers résultats obtenus, qui suggèrent que le gaz méthane contenu dans d’énormes gisements sous-marins en Arctique s’échappe vers la surface en raison du réchauffement et de la disparition des glaces.

Le comportement de ces réserves souterraines de méthane revêt une importance majeure car les scientifiques pensent que leur libération subite dans l’atmosphère a provoqué par le passé une augmentation rapide de la température terrestre, entraînant des bouleversements du climat et même une extinction massive d’espèces. Les scientifiques embarqués à bord d’un bateau scientifique qui a navigué sur toutes les côtes nord de la Russie ont découvert des concentrations intenses de méthane - allant parfois jusqu’à 100 fois les niveaux habituels - sur plusieurs zones, couvrant des milliers de kilomètres carrés sur le plateau continental sibérien.

Durant ces derniers jours, les chercheurs ont observé des zones où la mer bouillonnait sous l’effet des bulles de gaz remontant des « cheminées de méthane » émergeant dans les fonds marins. Ils estiment que la couche de pergélisol sous-marin qui agissait comme un « couvercle », empêchant le gaz d’être libéré, a fondu par endroits et permet au méthane de s’échapper des dépôts qui s’étaient formés avant le dernier âge glaciaire.

Les chercheurs mettent garde sur le fait que ce phénomène pourrait être lié au réchauffement rapide qu’a connu la région au cours des dernières années.

Le méthane est un gaz dont l’effet de serre est environ 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone et de nombreux scientifiques craignent que sa libération pourrait accélérer le réchauffement de la planète par le biais d’un gigantesque processus de rétroaction dans lequel le méthane répandu dans l’atmosphère provoquerait une élévation des températures, ce qui aggraverait la fonte du pergélisol et libérerait encore plus de gaz.

On estime que la quantité de méthane piégée sous l’Arctique est supérieure à la quantité totale de carbone contenue dans des réserves mondiales de charbon. Il est donc de toute première importance que ces réservoirs restent stables au moment où cette région se réchauffe à un rythme plus rapide que d’autres parties de la terre.

Orjan Gustafsson, l’un des responsables de l’expédition, décrit l’ampleur des émissions de méthane observées dans un émail envoyé depuis le navire scientifique russe Smirnitskyi Jacob.

« Nous avons travaillé fiévreusement pour terminer le programme de prélèvement d’échantillons hier et la nuit dernière », écrit le Dr Gustafsson. « Une vaste zone d’intense libération de méthane a été découverte. Sur les précédents sites nous avions observé de fortes concentrations de méthane dissous. Hier, pour la première fois, nous avons observé une zone où la libération est si intense que le méthane n’a pas eu le temps de se dissoudre dans l’eau de mer, mais arrive sous forme de bulles de méthane à la surface. Ces « cheminées de méthane » ont été observées sur échosondeur et avec les [instruments] sismiques. »

À certains endroits, les concentrations de méthane atteignaient 100 fois les niveaux habituels. Ces anomalies ont été constatées dans la mer de Sibérie orientale et la mer de Laptev. Elles portent sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés, et totalisent des millions de tonnes de méthane, a déclaré le Dr Gustafsson. « Cela pourrait être du même ordre de grandeur que ce que l’on estime actuellement pour l’ensemble des océans. » indique-t-il. « Personne ne sait combien d’autres zones existent sur le grand plateau continental de la Sibérie orientale.

« L’hypothèse habituelle était que le « couvercle » de pergélisol sur les sédiments sous-marins du plateau continental Sibérien pouvait retenir ces énormes gisements de méthane. L’augmentation des observations de libération de méthane dans cette région inaccessible peut donnent à penser que le pergélisol, le couvercle, commence à être perforé et laisse donc fuir le méthane ... Le pergélisol présente maintenant des petits trous. Nous avons constaté des niveaux élevés de méthane au-dessus de la surface de l’eau et plus encore dans l’eau juste en dessous. Il est évident que la source provient des fonds marins. »

Les résultats préliminaires de l’étude du plateau sibérien 2008, en cours de préparation pour publication par l’American Geophysical Union, sont supervisés par Igor Semiletov du département de l’Extrême-Orient de l’Académie Russe des Sciences. Depuis 1994, il a dirigé environ 10 expéditions dans la mer de Laptev. Durant les années 1990, il n’avait pas détecté de niveaux élevés de méthane, mais depuis 2003, il a fait état d’une augmentation du nombre de « points chauds » de méthane, qui sont désormais confirmés par les instruments plus sensibles qui sont présents à bord du Jacob Smirnitskyi.

Le Dr Semiletov suggère plusieurs raisons pouvant expliquer pourquoi le méthane d’Arctique s’échappe désormais, dont l’augmentation du volume des eaux relativement plus chaudes qui sont rejetées des cours d’eau Sibériens en raison de la fonte du pergélisol terrestre.

La région de l’Arctique dans son ensemble a connu une hausse des températures moyennes de 4 degrés centigrades au cours des dernières décennies, avec un déclin spectaculaire de l’étendue recouverte par la banquise durant l’été. De nombreux scientifiques craignent que la disparition de la banquise ne puisse accélérer la tendance au réchauffement climatique car l’océan absorbe plus la chaleur du soleil que ne le fait la surface réfléchissante de la glace.

Par diogène-ligoteros
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Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /Sep /2008 15:53

La polémique sur l'innocuité des téléphones portables est relancée

 

Quand connaîtra-t-on les résultats de la plus vaste étude internationale visant à évaluer les risques sanitaires auxquels s'exposent les personnes utilisant des téléphones portables ? Baptisée "Interphone", cette étude a été lancée en 2000 et achevée six ans plus tard. Elle a été menée dans treize pays auprès de 14 000 personnes. Après une longue série de reports et de contretemps inexpliqués, il semblait acquis que les résultats de ce travail seraient soumis pour publication durant le mois de septembre. Tel ne sera pas le cas.

Dans son édition datée du 27 septembre, l'hebdomadaire The Economist croit savoir que les responsables d'Interphone ne soumettront vraisemblablement pas le fruit de leurs travaux à un éditeur avant la fin de 2008. "Je ne sais pas d'où proviennent les informations de The Economist, indique Elisabeth Cardis (Centre de recherche en épidémiologie environnementale, Barcelone), coordonnatrice de cette étude. Une version que nous espérons consensuelle de l'article est en préparation et nous l'attendons sous peu. Il se pourrait donc que l'article soit soumis pour publication rapidement. Rien ne me laisse penser pour l'instant que la soumission ne puisse pas se faire cette année."

Pour le professeur Cardis, ce nouveau retard n'est pas la conséquence de désaccords des auteurs. "Il n'y a pas d'hypothétiques nouvelles difficultés, précise-t-elle. Il y a seulement les emplois du temps chargés des collaborateurs et les vacances qui ont fait que la nouvelle version de l'article est seulement sur le point d'être terminée."

 

INQUIÉTUDES AUX ETATS-UNIS

 

Ce nouveau contretemps survient alors que des scientifiques américains viennent, devant le Congrès, de tenir sur ce thème des propos inquiétants. "On ne doit pas rééditer ce que nous avons connu à propos de la cigarette et du cancer du poumon, où notre nation a pinaillé sur chaque détail d'information avant d'avertir le public", a ainsi déclaré, jeudi 25 septembre, David Carpenter, spécialiste de santé publique et professeur de santé environnementale à l'université d'Albany (New York). Selon lui, la prudence doit s'imposer.

"A la lumière des 70 ans que cela nous a pris pour retirer le plomb des peintures et des 50 ans qu'il a fallu pour établir de façon convaincante le lien entre la cigarette et le cancer du poumon, j'affirme qu'on ferait bien de tirer les leçons du passé pour mieux interpréter les signes de risques potentiels, a pour sa part fait valoir le docteur Ronald Herberman (université de Pittsburgh, Pennsylvanie), responsable de l'un des dix plus importants centres de recherche américains contre le cancer. Il y a dans le monde 3 milliards d'usagers réguliers de téléphones cellulaires. Nous avons besoin d'un message de précaution."

Le docteur Herberman a fait valoir que la majorité des études disponibles sont caduques, la méthodologie retenue ne correspondant pas à l'usage intensif qui est aujourd'hui fait de cet outil de communication. Il a notamment cité deux études, l'une suédoise, l'autre israélienne, concluant à une augmentation du risque de tumeur du nerf auditif ou de la glande salivaire chez les utilisateurs de téléphone portable.

"Il est vrai que les études souffrent d'un manque de recul et d'un nombre faible de gros utilisateurs de longue durée, reconnaît le professeur Cardis. Les études avec un plus grand nombre d'utilisateurs de longue durée semblent effectivement indiquer une augmentation possible du risque de gliomes et de neurinomes de l'acoustique du côté où le téléphone était généralement utilisé. La question demeure de savoir si ce résultat est ou non le reflet d'une association réelle. Dans l'attente, je pense que des précautions s'imposent, en particulier chez les enfants."

Jean-Yves Nau
Par diogène-ligoteros
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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 22:16

Quand Henry Paulson se retrouve à genoux

Le président George W. Bush (g) et le secrétaire au Trésor Henry Paulson, le 19 septembre 2008 à Washington
 
De notre correspondant à New York
USA2008
Alors que John McCain vient d’annoncer qu’il se rendrait bien au débat présidentiel prévu ce vendredi soir, difficile de savoir si celui-ci pourra effacer le souvenir de l’une des scènes les plus surréalistes jamais vues à Washington.

Les démocrates partent furieux

L’action se déroule à la Maison Blanche, jeudi soir. Autour d’une table aux extrémités de laquelle se tiennent John McCain et Barack Obama, sont notamment assis George W.Bush, le secrétaire au Trésor Henry Paulson, Nancy Pelosi et Harry Reid, les leaders de la majorité démocrate au Congrès, et les leaders de la minorité républicaine.

L’assemblée vient d’apprendre qu’une partie des républicains de la Chambre des représentants du Congrès ne votera pas pour le plan de sauvetage proposé par l’administration Bush. Dans une ambiance décrite comme électrique, Bush a du mal à ramener le calme. Les accusations volent. Obama et McCain ont déjà quitté la salle sans un mot. Furieux, les démocrates quittent la salle pour un conciliabule sur la marche à suivre.

«Ne faites pas tout exploser»

Et là, l’incroyable se produit: Henry Paulson part à leur poursuite et pose un genou à terre devant Nancy Pelosi. «Ne faites pas tout exploser», implore-t-il. Surprise, Pelosi réplique: «Je ne savais pas que vous étiez catholique», en réponse à un geste que la presse décrit comme une «génuflexion». Puis elle ajoute, selon le «New York Times»: «Ce n’est pas moi qui ai tout fait exploser, ce sont les républicains.» «Je sais, je sais», aurait répondu Paulson.

Après l’annonce surprise par John McCain de la suspension de sa campagne, la réunion qui devait être une démonstration de coopération bipartisane a tourné en un étalage édifiant de manœuvres politiques. Les représentants républicains, qui sont nombreux à avoir une réélection en jeu, n’ont pas les mêmes impératifs que John McCain. Ils regardent avec beaucoup de méfiance l’intervention massive du gouvernement fédéral prévue par le plan, estimant que les contribuables ne sont pas suffisamment protégés.

La manœuvre de dernière minute a permis aux démocrates d’accuser les républicains d’avoir bloqué les négociations. Mais pour l’instant, il n’est vraiment pas sûr que l’un ou l’autre candidat et son parti soient sortis grandis de ce vaudeville au plus niveau.
Les négociations doivent reprendre ce vendredi après-midi.


Gilles Bouvaist


20Minutes.fr, éditions du 26/09/2008 - 18h46

dernière mise à jour : 26/09/2008 - 18h51

Par diogène-ligoteros
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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 22:10

Lutte Ouvrière : une petite purge et ça repart

Ce week-end, Lutte Ouvrière a décidé de se séparer des «brebis galeuses» qui ont osé aller paître dans le champ du Nouveau Parti Anticapitaliste. Une purge qui permet au parti de s'affirmer en tant que dernière véritable organisation trotskiste de France.

 Alors que la LCR, avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), rêve à des lendemains qui chantent, l'autre formation trotskiste française, Lutte Ouvrière, continue à se livrer à l'une de ses activités favorites : la purge. Ce dimanche, à la veille du 1er de l'an révolutionnaire (sic), les militants de LO se sont réunis en conférence nationale et ont voté à une majorité écrasante «de 97,3% (…) la fin de toute relation entre Lutte Ouvrière et le groupe nommé jusqu'à présent Fraction Lutte Ouvrière - L'Étincelle».

Fraction Lutte Ouvrière - L'Étincelle ? 3% des effectifs selon la direction du parti et 10% d'après la Fraction, soit entre 250 et 800 militants. Autrement dit : pas grand chose. Mais en flirtant avec d'autres organisations d'extrême gauche, Etincelle a mis le feu aux poudres. C'est ce qu'explique Michel Rodinson, membre de la direction nationale de LO et directeur de la rédaction de l'hebdomadaire du parti : «La Fraction s'est constituée publiquement en 1996. Mais depuis cette date les différences n'ont fait que s'affirmer. Et cette année, deux choses se sont produites. A Wattrelos, dans le Nord, lors des municipales, la Fraction a participé à une liste concurrente de celle de Lutte Ouvrière. Ils ont franchi la ligne jaune. Le deuxième fait, c'est qu'ils participent au NPA. Nous n'avons pas d'hostilité particulière envers le NPA. Mais eux prônent un rassemblement large tandis que nous, nous restons convaincus de l'idée d'un parti ouvrier révolutionnaire.»

Le gardien d'un temple apparemment délaissé
La Fraction aurait donc été évincée pour avoir fricoté avec d'autres «camarades»? Pas si simple. D'autant que LO - les membres de la Fraction aiment le rappeler - ne rechigne pas toujours à faire des alliances. Lors des dernières municipales, le parti d'Arlette Laguiller a même passé, à l'occasion, des accords avec… le PC et le PS! «Il ne s'agissait pas de vrais accords mais d'accords locaux, quand c'était possible, au coup par coup», justifie Michel Rodinson. Les dissidents de la Fraction considèrent donc que «les raisons invoquées pour (leur) exclusion» ne tiennent pas. Et il ne peut s'agir selon eux que d'«un prétexte grossier» ou, pire, d'une «démonstration du repli sur soi et de la frilosité politique actuelle de Lutte Ouvrière.»

Finalement, cette purge a plus certainement pour but de permettre à LO de s'affirmer comme la seule et unique organisation trotskiste, la dernière du genre en France, le gardien d'un temple délaissé (en tout cas en apparence) par la LCR. Il est intéressant de constater que pour en arriver là, LO est obligée d'utiliser une méthode dont Léon Trotski a lui-même été la victime en son temps. Mais pour avoir le «privilège» d'être le dernier parti trotskiste de l'Hexagone, qu'est-ce qu'on ne ferait pas?
Par diogène-ligoteros
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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 14:45

Par diogène-ligoteros
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